
Camping municipal : D’une rénovation des sanitaires à la création d’un parc convivial ouvert tout au long de l’année
Comment redonner de la vigueur à un camping créé dans les années 50 ?
Comment passe-t-on d’un projet de rénovation des sanitaires à la rénovation du camping dans sa globalité ?
Comment moderniser sans dénaturer l’esprit du camping originel ? Aménager un camping 2 étoiles sur un sol contraint ? À quel prix ?
Subles a vécu une véritable montée en puissance de l’implication citoyenne dans la commune. Le maire, M. Thierry Dubosq, nous en présentera les étapes, et nous expliquera comment il la favorise et l’entretien. Des témoignages d’habitants illustreront la visite de l’église rénovée.
Un projet complexe et stimulant
- Au départ, un projet « basique »
En 2021, la mairie décide de se lancer dans la rénovation du bloc sanitaire du camping, créé dans les années 50. Ces travaux sont nécessaires pour éviter aux utilisateurs, de plus en plus nombreux depuis la mise en lumière du circuit de grande randonnée au départ de Clécy, de traverser la route pour accéder aux toilettes. La municipalité souhaitait également créer un bâtiment d’accueil. - Une envie paysagère
Seul l’architecte Léonard Dauchez répond à l’appel d’offres restreint. Avec Mue paysage, l’architecte propose de revoir à la hausse l’ambition du projet, pour moderniser le camping familial et l’inscrire dans un cadre verdoyant. - Qui se transforme en parc ouvert toute l’année
Pourquoi la future halte touristique ne devrait-elle être ouverte que l’été, durant la saison touristique ? Pourquoi ne pas transformer le camping en un parc communal utilisable par tous les habitants le reste de l’année ? Rénover un camping municipal a un coût : autant que cet investissement profite à tous, et pas seulement aux vacanciers.
- Des contraintes réglementaires fortes
Le camping est situé en zone inondable (zone bleue et rouge). Le Plan de Prévention des Risques Inondation du Noireau et de la Vère rend impossible le fait de creuser des noues et d’évacuer l’eau de pluie. Il interdit également de procéder à des déblais/remblais.
La complexité législative a obligé tous les acteurs du projet (maître d’ouvrage, services de l’État, mairie) à se mettre autour de la table, ce qui a permis de lever un certain nombre de difficultés. (en annexe : PPRI noireau) - Le temps des études
Au-delà des contraintes techniques, l’architecte a dû faire avec les contraintes financières de la municipalité. Réaliser le projet le plus économe et « malin » tout en respectant la typologie des camping des années 70, aujourd’hui rares en France, nécessite du temps.
Les études ont duré 18 mois. Ce temps a permis d’échanger, de mettre en évidence les contradictions, et de réaliser une synthèse globale qui permette, in fine, d’obtenir un camping 2 étoiles économe en énergie, verdoyant, et respectueux du caractère familial du site. - Un chantier complexe
Le chantier a duré 1 an, entrecoupé de pauses pour permettre aux visiteurs de rester camper. Les travaux ont été pour une large part réalisés sous la pluie. Le caractère argileux du sol a mis à l’épreuve les corps et les machines.
Un camping moderne et attractif
Du bloc sanitaire à la création d’une halle conviviale
L’ancien bloc sanitaire était vétuste et assez éloigné du camping.



Matériaux
Le bois ayant servi à la construction de la halle sanitaire vient de l’Orne et de Bretagne.
Énergie
Le camping étant uniquement ouvert à la belle saison, des panneaux solaires ont été installés sur la toiture du bloc sanitaire, de manière à produire de l’électricité et à chauffer l’eau. Le projet n’est pas encore assez vieux pour avoir du recul sur ces solutions, mais le retour sur investissement est de l’ordre de 7 à 10 ans pour les panneaux photovoltaïques, en fonction de la part d’auto-consommation et de la part de revente. Les panneaux solaires thermiques sont amortis au bout de 4 ans, le taux de couverture étant de 80% sur un camping.
Le choix des végétaux
Les arbres existants ont été conservés. Le choix des nouveaux arbres était contraint par un sol très humide en hiver et drainant sec en été. Le paysagiste associé à l’architecte sont repartis des végétaux déjà présents, garants de leur adaptation au site.
- Les plantes vivaces
Afin de réduire les coûts d’entretien, le projet comporte de nombreuses zones qui abritent une grande diversité de plantes vivaces. Cette diversité permet de réduire l’impact visuel de « mauvaises herbes » et donc d’augmenter le sentiment d’un espace entretenu, sans pour autant nécessiter beaucoup d’entretien de la part des services techniques



La réutilisation de matériaux
Des pierres tombales, des anciens bords de trottoirs étaient stockés dans une réserve communale, le long du Noireau. Il a été proposé de réutiliser ces matériaux pour limiter les coûts des travaux et donner un aspect qualitatif au lieu.


Héberger l’agent d’accueil
Le logement des saisonniers est une problématique à Pont d’Ouilly. Pour y parer, une tiny house a été installée à l’arrière de l’accueil du camping. Le logement est très sommaire, mais peut dépanner en cas de besoin. Il permet aussi d’être déplacé en cas de crue (l’accueil visiteurs est en zone inondable.)

Les cyclotentes
Des pierres tombales, des anciens bords de trottoirs étaient stockés dans une réserve communale, le long du Noireau. Il a été proposé de réutiliser ces matériaux pour limiter les coûts des travaux et donner un aspect qualitatif au lieu.


De la confiance avant toute chose
La réussite du projet tient pour une large part à la confiance accordée par les élus aux entreprises mobilisées. Cette confiance, née de la réussite d’un projet précédent. a permis de faire évoluer le projet initial, de créer, au-delà du camping, une continuité urbaine et paysagère.

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